Grand reporter, directeur-adjoint de Paris Match, puis directeur de la rédaction d’Omerta, Régis Le Sommier a parcouru le monde depuis plus de trente ans, couvrant plusieurs conflits. Il revient sur ces moments forts vécus au bout du monde, mais aussi sur la façon intime dont ils se vivent au retour, les joies, les séquelles et… les emmerdements.
« Ce métier est l’incarnation de la liberté absolue. Ceux qui viennent y chercher un maître, devraient s’en éloigner au plus vite. On ne peut y être esclave que de l’écriture. C’est le contraire du comptable, l’ennemi du chiffre, même s’il faut faire attention dans certains pays à ce que le stock de dollars ne diminue pas trop vite, sinon on se retrouve coincé. Si l’exigence de tenir les comptes surgit à un moment, ne soyons pas naïfs, dans l’exercice du “job”, c’est la beauté qui domine, même lorsqu’on côtoie l’horreur. Beauté de la narration, beauté du verbe, celui qui retranscrit au mieux, beauté du mot juste.
Je ne suis pas militaire, même si nous partageons avec eux – nous les reporters – les mêmes terrains de jeu et les mêmes difficultés à revenir à la maison. Il n’y a qu’une question de temporalité qui nous sépare. Comme me le confiait un capitaine américain dans les rues de Bagdad, “la différence entre vous et moi, c’est que moi, je suis condamné à vivre dans ce trou à rats pendant six mois. Vous, vous pouvez partir quand vous voulez” ».
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